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J’ai observé que les personnes qui ont une grande capacité à supporter les frustrations de toutes sortes se retrouve à moment dans l'inaction. On leur reproche, alors, de procrastiner. Ce qui est surprenant c’est qu’elles acceptent cette forme de jugement. Elles le reprennent dans leur analyse de ce qui se passe ou plutôt de ce qui ne se passe pas. Plutôt que de parler de procrastination je préfère utiliser le terme d’hibernation. Pourquoi et quel effet cela produit-il ?

Définitions de la frustration

« Frustration = État de quelqu’un qui est frustré, empêché d’atteindre un but ou de réaliser un désir ». (Larousse)

« Frustrer = Priver quelqu’un d’un bien, d’un avantage dont il croyait pouvoir disposer, qu’il pensait posséder ou Décevoir quelqu’un, le tromper, ne pas répondre à son attente » (Larousse)

De la frustration à la non action

Supporter la frustration révèle dans un premier temps une grande force de caractère. Ces personnes sont capables de se dépasser, même avec des manques et des entraves, et de résister.

Quand cette situation s’installe dans le temps, que la personne continue à faire avec le manque, à subir sans se rebeller elle épuise peu à peu son capital « action ». Toute son énergie étant orientée vers : « supporter ou accepter l’inacceptable », il ne lui en reste plus pour agir.

Les ressources personnelles ne sont pas illimitées.

Hibernation plutôt que procrastination

Dire à ces personnes qu’elles procrastinent, c’est-à-dire qu’elles remettent au lendemain, ne me semblent pas pertinent. De plus, c’est dévalorisant.

Je préfère dire à ces personnes qu’elles hibernent et chercher pourquoi.

L’hibernation pour faire face à la rareté

« Hibernation = Ensemble des phénomènes provoqués chez les êtres vivants par l’arrivée de la saison froide (ou de la saison sèche) et qui leur permettent d’y faire face en dépit de la rareté de l’eau et/ou des aliments ou Inactivité, inertie, improductivité, stagnation » (Larousse)

Lorsque j’utilise cette métaphore, mes interlocuteurs sont surpris. Je leur demande de faire des recherches sur les différentes durées d’hibernation selon les animaux pour qu’ils en découvrent le réel intérêt.

Hiberner est la conséquence d’un manque de ressources qu’on ne trouve pas dans son environnement

C’est en faisant le lien avec les capacités de résistance incroyable de certaines personnes dans des situations insupportables – qu’elles supportent malgré tout – que je me suis dit qu’il y avait surement une raison pour que ces personnes remettent au lendemain leurs actions et se retrouvent dans l’inaction. Leur énergie est occupée ou aspirée par une adaptation à leur environnement.  De plus elles ne renouvellent pas leur énergie dans cet environnement, elles la perdent.

C’est ainsi que m’est venue la métaphore de l’hibernation nettement plus positive.

De l’hibernation à la motivation

Le travail de déblocage va consister à trouver ensemble ce qui manque, qui est si rare et nécessite l’hibernation.

Identifier les frustrations qui sont acceptées pour différentes raisons – mais, qui souvent ne sont plus ressenties comme des frustrations. Voici une autre façon d’accueillir pleinement la souffrance de l’absence de reconnaissance, de soutien, d’encouragement ou du trop de travail, de pression… qui fait qu’on manque du minimum vital alors qu’on s’adapte ou se sur-adapte à un environnement perso ou pro.

La compréhension progressive de ce qui ne posait plus question mais qui est une frustration réelle, remet une forme d’équilibre et favorise une nouvelle lecture de la situation :

il y a une raison au fait que je n’arrive pas à agir.

Ce fonctionnement d’hibernation a pu être très utile à un moment donné de la vie de cette personne mais aujourd’hui il la met en danger. Passive voire soumise face à ce qui est potentiellement un danger vital pour elle – perso et pro -, elle doit en sortir pour vivre et retrouver un souffle d’estime de soi et de confiance en soi.

Ce souffle pourra se transformer en énergie et en action pour repousser l’insupportable en reprenant sa vie en main.

Il y a toujours des raisons à ce que nous faisons. Parfois le sens n’est pas apparent ou compréhensible mais il y en a un. Plaquer des étiquettes sur des comportements me met souvent mal à l’aise car c’est contreproductif. Mettre sa créativité au service d’un déblocage rend ce métier passionnant et surtout révèle toujours la richesse des êtres humains qui nous font confiance.

Si vous avez besoin de soutien pour sortir de l’hibernation demandez une session diagnostic gratuite par téléphone d'une durée de 30 minutes en cliquant sur le bouton ci-dessous...